Un canular sur la vidéosurveillance questionne les Dijonnais

La Mairie de Dijon piégée par un détracteur masqué

par Hanaë Grimal | dijOnscOpe | mar 06 oct 09 | 08:39

Les habitants du centre ville ont reçu à la fin du mois dernier une étrange lettre émanant de la « Direction de la Tranquillité Publique ». Objet de la missive : informer les résidents du dispositif de la vidéosurveillance… Si la forme est très administrative, le fond est vraiment discutable. Et pour cause : ce ne sont pas les services de la Mairie qui l’ont écrite, mais clairement un opposant au système...

L’histoire vraie de Georges Smith

Dans cette lettre reçue par les résidents du centre-ville, rien ne laisse supposer qu’il s’agit en réalité d’un canular. Absolument tout a été pensé pour que les Dijonnais tombent dans le panneau. La présentation est en effet la copie conforme d’un papier 100 % officiel : le logo de la ville, la mise en page très administrative, le ton sérieux et même la signature de l’attaché de la communication, un certain Georges Smith... En composant le numéro de téléphone indiqué au bas de la lettre, les Dijonnais tombent sur la véritable Direction de la Tranquillité Publique : « Et je peux vous dire que je ne m’appelle pas Georges Smith... », annonce d’emblée un employé du service ayant souhaité rester anonyme. Apparemment, les services de la Ville sont au courant. « Vous n’êtes pas les premiers à nous questionner, au moins une dizaine de personnes nous ont déjà appelés pour s’assurer qu’il s’agissait d’un canular ».

Surveiller "vos allées et venues"

À y regarder de plus près, le faux est flagrant. "Le logo est affublé de cornes méphistophéliques, et puis il y a une grosse faute d’orthographe à « Tranquillité »", commente l’employé. Quant au contenu, il ne fait guère de doute que la Mairie n’en est pas l’auteur... Morceaux choisis : « Vous n’êtes pas sans savoir que notre commune souhaite désormais privilégier les moyens modernes de répression, plutôt que des mesures d’égalité sociale devenues trop coûteuses, complexes et archaïques. (...) Désormais, toutes vos allées et venues (ainsi que celles des personnes vous rendant visite) seront filmées en permanence... »

Un canular passible d’un an d’emprisonnement

« Nous ne savons pas qui est derrière tout cela, affirme l’employé. Mais le service juridique de la ville se réserve le droit d’entamer une action en justice ». Une usurpation de fonction comme celle-ci relève en effet de l’article 433.13 du code pénal, qui prévoit notamment un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende à l’encontre du contrevenant. « En tout cas, c’est très astucieux ce qu’il a fait. Je suis certain que devant la justice, cette personne se défendrait en affirmant que la méprise avec un réel document administratif est impossible », ajoute cet authentique mais anonyme employé de la Direction de la Tranquillité publique.

À moins qu’il ne s’agisse en réalité du fameux Georges Smith... « La vérité est toujours ailleurs », avait l’habitude de dire un personnage d’une célèbre série de science-fiction.

2 commentaires

emilie, 06 oct 09, 14:34 :

j'aime beaucoup de logo de la ville avec ses cornes de diable. une jolie histoire que n'appréciera pas Eric Besson ! heureusement, à la mairie, ils ont de l'humour. enfin, j'espère.

Simon B, 06 oct 09, 14:15 :

Une histoire banale comme il y en a chaque jour en France mais qui fait jaser tout Dijon. Permettez- moi l'expression "MDR ("mort de rire" pour les non-initiés). Cette histoire ne m'aurai sans doute pas intéressé si Hanaë Grimal et je l'en remercie, n'avait fini son article en parlant à demi-mot de Fox Mulder. Ce qui a tout de suite attiré mon attention. Oui Hanaë, (si je peux me permettre) "the truth is out there"... De toutes façons, tout est possible aujourd'hui par le biais de l'informatique...

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