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Naissance du collectif Urgence Bio 21
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Des consommateurs, des maraîchers et des associations écolos vont lancer officiellement un collectif en faveur de l’agriculture biologique. Leur objectif : pousser les collectivités à promouvoir le bio chez les agriculteurs de Côte-d’Or.
Le bio est à la mode
Sur les marchés, dans les cantines dijonnaises ou dans les rayons des supermarchés, les produits sans pesticides commencent à se frayer un chemin. Ainsi le Conseil régional renouvelle-t-il cette année son opération "Bien dans mon assiette", dont l'objectif est de faire (re)découvrir, chaque mois, trois produits bourguignons différents aux lycéens et apprentis bourguignons. Préparés par les chefs-cuisiniers des établissements, ces produits sont essentiellement fournis par des producteurs locaux, réunis le plus souvent en coopérative pour répondre aux besoins des établissements scolaires. Durant l'édition 2009-2010, un accent tout particulier est mis sur les produits issus de l’agriculture biologique. Mais d’où viennent généralement les produits Bio ? Du département parfois, de l’autre bout de la France ou de l’étranger souvent ! L’agriculture biologique représente moins de 2 % de la surface cultivée en Côte d’Or. Fort de ce constat, le collectif Urgence Bio 21 s’apprête à saisir les élus pour leur demander d’agir. « L’écologie est dans tous les discours... il est temps de passer aux actes ! », invective une lettre ouverte de l’association qui annoncera samedi 10 octobre sa naissance officielle. En quelques semaines, elle a collecté plus de mille signatures pour soutenir la démarche.
Objectif n°1 : des légumes
Les maraîchers locaux sont pris d’assaut et n’arrivent plus à faire face à la demande. Rien que dans l’agglomération dijonnaise, les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), qui mettent en relation directe les producteurs et les consommateurs, comptent plus de six cents familles sur leur liste d’attente. Acheter local devient un luxe ! Mais à part retrousser leurs manches et prendre la pioche, que peuvent faire les élus locaux pour leur donner satisfaction ? Trouver des producteurs ne semble pas insurmontable. « Le problème est l’accès au foncier », explique Christine Maury, maraîchère à Auxonne et porte-parole du collectif. Il existe dans la région des formations au maraîchage biologique et dix ou quinze personnes en sortent chaque année, espérant s’installer sur place. Mais dans un monde où les terres passent de père en fils et où le gigantisme l’emporte souvent sur la division des parcelles, c’est presque impossible. « Quand on ne vient pas du milieu, on le paie ». Pour changer la donne, les collectivités ne manquent pas de possibilités, mais c’est à chacune d’inventer ses solutions : mettre des terrains publics à disposition, inciter financièrement les conversions biologiques ou faire entendre sa voix au sein de la Safer, instance qui gère l’aménagement du territoire rural...
Il y en a pour tout le monde
Encore faut-il bien sûr être dans un milieu approprié. Pour développer un maraîchage, il faut environ un hectare de terre si le producteur est tout seul, mais la terre octroyée doit aussi être en mesure d’accueillir un bâtiment agricole et une maison d’habitation. La ressource en eau doit être abondante et la terre, quant à elle, ne doit être ni trop lourde, ni trop froide, mais plutôt sableuse... Certains élus pourraient bien être tentés d’utiliser tous ces freins pour affirmer qu’ils ne peuvent rien faire. Le collectif a sa réponse toute prête : « la demande dépasse largement le maraîchage, souligne Christine Maury. On a besoin de davantage de producteurs bio pour avoir du fromage, des céréales, ou des œufs. » Impossible de se débiner ! Là où il y a de la terre, il y a bien quelque chose à faire.
« Cette urgence là n'a rien à voir avec une quelconque grippe, mais elle nous concerne tous », rappelle le collectif dans sa lettre aux élus.
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3 commentaires
Derniers commentaires
Le bio, c'est une question de volonté. Le département du Gard montre l'exemple!
http://cap21-bourgogne.over-blog.com/article-36167747.html
Pour ceux et celles qui veulent en savoir un peu plus sur les AMAP de l'agglomération dijonnaise:
http://amapdijon.free.fr
Un métier d'avenir: agriculteur (en bio bien sur)
Il me semble en effet plus qu'urgent que les pouvoirs publics prennent en considération l'évolution de l'agriculture et de l'emploi en milieu rural en côte d'or comme ailleurs, les grosses exploitations continuent leur expansion au détriment des petits agriculteurs qui continuent inlassablement de disparaitre...
Soit tu es agriculteur et souvent millionnaire (au moins aux vues du capital immobilisé) , soit agriculteur en situation précaire et le fossé se creuse de plus en plus, les petites exploitations ne se transmettent plus et il faut l'entendre, de par la difficulté du travail, la perte de sens de ce métier et la faiblesse du revenu dégagé.
Un maraîcher, en bio, sur 1 ha, va travailler de 50 à 60 heures de moyenne par semaine, pour un salaire inférieur au smic...(il vaut mieux travailler dans nos belles institutions, c'est pas plus compliqué, moins salissant, bien mieux payé et en plus on cotise pour une retraite à peu près décente...)
Il faut non seulement constituer des réserves foncières pour permettre à des jeunes de s'installer sur des circuits courts de production, mais en parallèle aider l'investissement et appuyer la formation et l'information sur ces métiers bien plus valorisants pour l'homme et la terre que tant d'autres métiers.
Longue vie à ce nouveau collectif en espérant que nos politiques qui vendent du développement durable à toutes les sauces et continuent encore et plus à déconsidérer le véritable métier de paysan, réalisent que leur pouvoir peut être mis au service de causes comme celles ci ci , qui sont fondamentales.