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Le Petit Roi de la Lune
Derrière ce nom plein de poésie se cache un restaurant à l'atmosphère conviviale, qui sait allier tradition et modernité. Tradition [...]
ven 12 mar 10
Les produit bio, chacun s’accorde à dire que c’est meilleur au goût et plus sain que les produits classiques. Oui mais voila : manger bio semble coûter plus cher. Quelles en sont exactement les raisons ? Rareté des aides, pénibilité du travail, concurrence des supermarchés : dijOnscOpe vous donne quelques éléments de réponse…
Des aides trop rares
Selon Yannick Sencébé, chercheuse en sociologie à Agro Sup Dijon et membre du collectif « Urgence 21 » (collectif prônant le développement du bio en Côte-d’Or), la cherté des produits biologiques s’explique pour plusieurs raisons. La sociologue met d’abord en évidence le manque d’aides européennes accordées aux agriculteurs biologiques : « Cela résulte d’une politique de la PAC (Politique Agricole Commune). Après guerre, les agriculteurs étaient dans une logique de surproduction. Les aides palliaient les prix de vente inférieurs aux coûts de production. L’exportation était privilégiée et encouragée par des aides. Or, les agriculteurs biologiques exportaient rarement et ne bénéficiaient pas de ces aides. Cela n’a donc pas permis leur développement ».
Dur, dur d’être agriculteur bio
Et qu’en pensent les premiers concernés, c'est-à -dire les agriculteurs bio ?
Séverine Deroze vendeuse de produits fermiers pointe elle aussi, ce
manque de volonté politique pour le développement du bio : « il faut
une volonté pour développer le bio, si les agriculteurs ne sont pas
aidés, ça ne va pas se développer. »
Jean-Marc Nurdin, maraicher biologique depuis bientôt 30 ans, est bien placé pour nous répondre. Son travail, il l’aime malgré les difficultés : « Être maraicher, surtout dans le bio, est un travail difficile et mal payé. Les années ne sont pas assurées et dépendent du temps. Les aides accordées aux maraichers sont inexistantes qu’ils soient bio ou non. J’ai simplement un crédit d’impôt et des aides pour la reconversion. » L’agriculteur pointe du doigt le manque de moyens et d’aides qui empêchent les jeunes de se lancer dans le bio.
Un label AB durement acquis
Autre explication invoquée par Yannick Sencébé pour expliquer les prix du bio : les coûts de production des agriculteurs biologiques bien plus élevés que chez les exploitants traditionnels. La chercheuse évoque aussi les nombreuses contraintes auxquelles sont soumis les agriculteurs biologiques et qui dissuadent les jeunes de se lancer dans le bio : « Le label AB exige un contrôle très lourd tous les ans. L’agriculteur bio doit payer lui-même l’inspection qui lui donne droit à cette reconnaissance. » Rappelons par ailleurs, que le label Ab n’est accordé qu’au bout de trois années d’agriculture biologique. Durant ce laps de temps, l’agriculteur a donc du mal à être reconnu et à joindre les deux bouts.
Pénibilité, exigence, main d'œuvre
Ces difficultés, Séverine Deroze les connait bien. Cette jeune femme est l’intermédiaire entre les producteurs et les clients. Elle propose des produits biologiques et non bio à la vente par le biais de son entreprise "C-Malain". Pour elle, les prix du bio s’expliquent par un rendement faible alors que le travail est plus important que sur les autres exploitations : « un producteur bio, en raison de ses méthodes de travail, a 2 000 à 3 000 heures de retard ». Sa main d’œuvre est plus importante : « il est obligé d’avoir plus de personnels et plus d’heures de travail pour arriver à quelque chose de correct ». Pour Séverine Deroze, il est clair que les agriculteurs peuvent s’en sortir mais difficilement : « ils ont beaucoup plus de difficulté à vivre que les producteurs traditionnels ».
Une concurrence des supermarchés ?
Les trois « pros du bio » pointent également la concurrence des supermarchés qui proposent des produits bio moins chers grâce à l’importation. Interrogé sur le sujet, le maganer de l’épicerie biologique d’une grande enseigne affirme que les produits bio vendus en magasin sont cultivés dans le sud de la France pour éviter la pollution engendrée par le transport. Grâce à des achats « en gros », l’enseigne parvient à avoir des prix compétitifs. Mais cette solution reste difficile pour les commerces plus petits. Yves Rémy, Directeur des magasins biologiques « La Vie saine », nous avoue importer des produits biologiques des DOM-TOM et divers pays d‘Europe : « j’achèterais bien des produits biologiques en France mais les producteurs locaux ne sont pas assez nombreux et préfèrent vendre directement au consommateur. Et puis, ne nous leurrons pas, un agriculteur biologique qui vend des fruits exotiques bio est bien obligé de les importer lui aussi ! ». Propos entérinés par Jean-Marc Nurdin, qui nous avoue que vendre aux AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) ou sur les marchés est effectivement plus rentable que vendre aux magasins biologiques.
Finalement, Jean-Marc, Séverine et Yannick s’entendent sur un point : l'argent ne doit pas être le moteur du bio... « L’agriculture biologique est un état d’esprit. Vivre richement n’est pas la priorité. Les valeurs priment sur la qualité de vie. » Sur celle du consommateur comme du producteur il semblerait encore pour quelques temps...
4 commentaires
Derniers commentaires
Je travail dans la viticulture biologique et avec l'oenologie naturelle, je pense que ce débat est très intéressant mais je voudrais apporté mon point de vue.
Le bio est plus cher à produire pour beaucoup de raison, la première c'est qu'il faut une main d'oeuvre plus importante sur la même surface (ça a au moins l'avantage de créer de l'emploi!), les rendements sont inférieurs mais plus en adéquation avec ce que la nature peut normalement produire sans engrais et sans épuiser les sols. La bio possède des subventions mais elles restent beaucoup plus faible à celles de l'agriculture conventionnelle notamment les aides de la PAC.
Le plus important à prendre en considération à l'heure actuelle c'est que les sols en agriculture conventionnelle ont tellement reçu de produits chimiques (anti-fongiques, insecticides et désherbants) qu'il n'y a plus de micro-organismes dans ces sols à tel point qu'il ne peuvent plus fonctionner sans l'apport continuel d'engrais très souvent de provenance chimique (pétrole utilisé en grande quantité pour leur production). A force les rendements finissent quand même par baisser car ces engrais ne permettent pas un bon équilibre des plantes.
Sans compter la question du goût, quelques choses qui a complètement disparu des sens de l'homme moderne, un produit ayant grandit aux engrais présente un goût beaucoup moins marqué qu'un produit bio où la concentration des arômes est obtenu notamment par des rendements inférieurs. Dans le vin on appel ça le goût de terroir et toutes les plus grandes maisons de Bourgognes (Romanée Conti, Anne-Claude Leflaive, Héritiers du Comte Lafon...) font appel au principe de la bio pour continuer à produire des vins de terroir. Je parle ici de vin inaccessible à la majorité des bourses mais je veux appuyer le fait que les plus grands vins du monde sont produit selon ce mode de culture voire même grâce à la biodynamie.
Les choses bougent tranquillement surtout à l'étranger où les viticulteurs pensent de plus en plus a conserver leurs sols en l'état et en pensant bien sûr aux générations futurs.
Les politiques sont malheureusement loin de bouger dans ce sens à cause des lobbying industriels qui mettraient leur carrière politique et financière en danger. Le seul moyen de faire bouger les choses c'est que les consommateurs fassent le choix de consommer des produits plus sains mais également plus chers...
La nourriture devrait être une des priorités des budgets, elle ne l'est plus du fait du système de consommation actuel!!!
Sur ce bon appétit...
Pour Jael :
On ne peut pas (encore) affirmer scientifiquement que les pesticides autorisés sont à petites doses mauvais pour la santé. Mais :
- Dire qu'il y a encore débat chez les scientifiques ne veut pas dire qu'il n'y a pas de risque.
- Par le passé, des pesticides désormais interdits ont causé beaucoup de dommages avant qu'on se rende compte de leurs effets dévastateurs (ex : le ddt)
- A forte dose, donc pour les agriculteurs qui les appliquent, il y a un effet des pesticides prouvé scientifiquement (et ça, ça ne prête plus à discussion)
- Il y a un coût collectif des pesticides comme nous l'avons écrit ici.
Je suis d'accord en revanche avec vous pour dire que bio n'est pas synonyme de bonne santé et votre méthode n'est pas mauvaise pour autant.
Ces tests pseudo scientifiques ont été élaborés en angleterre par les grands groupes chimiques pourvoyeurs d'engrais !
Il ne s'agit pas seulement d'être en meilleure santé grà ce à la nourriture bio(encore qu'aucune étude sérieuse n'ait été réalisée par des laboratoires indépendants).
Il s'agit de problèmes de pollution et d'indépendance par rapport à l'industrie chimique.
Le bon vin s'il n'est pas bio, est le produit agricole qui contient la proportion de produits toxiques la plus importante.
Le nier est inconscient et irresponsable.
L'espèrance de vie que nous connaissons actuellement ne durera pas, c'est évident.
Il ne s'agit pas seulement de salubrité mais également de choix de vie.
Un agriculteur non bio est prisonnier de l'industrie chimique et des subventions européennes.
Et son travail manuel est dévalorisé.
Est-cela l'avenir?
Le bio est un mythe injustifié. Des tests scientifiques prouvent que des personnes mangeant bio depuis longtemps ne sont pas en meilleur santé que des personnes mangeant "normal".
Je pense que le plus important pour être en bonne santé est d'avoir un état d'esprit positif, d'éviter les substances nocives (sucre, tabac, café, drogues dures), et de manger de tout, modérément, toujours avec un verre de bon vin !
Tout ce qui est vivant est bio...logique, donc nous sommes tous bio ;-)))