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ven 03 sep 10
Campagne nationale pour la lutte contre l’homophobie dans les universités
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Mardi 3 novembre, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur a fait le point sur la campagne de lutte contre l’homophobie. Depuis le mois de juin, elle prend la forme d’affiches sur les murs des universités. La ministre a décidé d'écrire aux présidents des écoles de l'enseignement supérieur pour souligner le caractère institutionnel de cette campagne. Elle a également réaffirmé son désir de l’intensifier : « Au mois de juin dernier, nous avons diffusé 20 000 affiches dans les universités et 20 000 affiches dans les associations. Mais je voulais que cette campagne puisse réellement s’installer dans nos établissements et je m’étais donc engagée auprès des associations à la relancer en cette rentrée. » Comment cette campagne d’affichage est-elle perçue par les milieux associatifs dijonnais ? dijOnscOpe est allé à leur rencontre ...
Un constat : Une campagne utile mais insuffisante
Les associations contactées au sujet de la campagne d’affichage contre l’homophobie tiennent à peu près le même discours. Si toutes pointent l’utilité d’une telle action, elles regrettent néanmoins que la lutte contre l’homophobie ne soit pas plus importante. Le syndicat Unef est le relais d’information et de campagnes de l’association CIGaLes (Centre LGBT Dijon Bourgogne) sur le campus. Damien Daias, président du syndicat, dénote le faible impact de ces affiches : « Je ne pense pas que la portée de cette campagne soit très grande. Il faut surtout aller sur le terrain, parler aux étudiants. Ce travail, ce sont les associations qui le font. » Et de rappeler que l’homophobie est bien présente sur le campus, comme dans tous les domaines de la société : « L’université a beau être le lieu des savoirs, l’homophobie est présente. Certaines attitudes réactionnaires se manifestent sur le campus telles que les affiches sexistes. »
Une journée du 17 mai délaissée...
Amandine, présidente de Glub (association Gay et Lesbienne de l’Université de Bourgogne) note cependant que les mentalités évoluent et que si l’homophobie est bien existante sur le campus dijonnais, elle reste relative : « Bien sûr, il y a des moqueries par rapport aux homosexuels mais l’homophobie n’est pas très développée. » La jeune femme regrette surtout que la campagne ait été lancée avant les vacances d’été et un mois après la journée mondiale de lutte contre l’homophobie [le 17 mai]: « Envoyer les affiches un mois après la journée de lutte contre l’homophobie, c’est ne pas reconnaitre cette journée et ridiculiser nos actions. On attendait une présence du gouvernement ce jour-là pour nous soutenir, pas un mois après pour se rattraper. D’un coté le gouvernement fait des choses contre l’homophobie mais de l’autre, il ne cherche pas à s’engager, ne donne pas de réponses concrètes sur le mariage ou l’adoption par les homosexuels par exemple. Je trouve qu’il y a des points plus essentiels qu’une campagne d’affichage. Pour que les mœurs évoluent il faut que les lois évoluent également. » Romain Chappaz l’un des dirigeants de CIGaLes est du même avis : « Le gouvernement n’a pas intégré la date du 17 mai dans son agenda officiel. S’il le faisait, cela déboucherait sur des cérémonies et des actions subventionnées. Pour le moment, la journée du 17 mai a lieu grâce aux associations... »
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3 commentaires
Derniers commentaires
Cette campagne a le mérite d'exister, Même si on pouvait l'espèrer davantage percutante et explicite.
Le côté comptine enfantine des affiches est accrocheur et amène à lire tout le texte.
Faire campagne sur les garçons qui aiment les garçons et les filles qui aiment les filles, ne peut laisser indifférent, tant cela est rare.
Même si certains croient encore que leur vie n'est pas compliquée dans ce cas.
La vie professionnelle leur montrera sans doute toute la difficulté à assumer le discours des affiches, que la vie étudiante leur avait permis de vivre sans tabou.
ma vie n'est pas compliquée!!!!!
Merci Julie pour cet article malheureusement toujours d'actualité. Je voudrais commenter les affiches qui l'illustrent : quelle misère ! Je sais, il est facile de jeter la pierre aux rares personnes qui prennent le risque de faire quelque chose, mais ces affiches me paraissent contre-productives. Le message envoyé ("la vie d'un étudiant homo est compliquée") ne touchera jamais les personnes qui ne savent pas ce que c'est qu'être gay, qui ne réalisent pas l'hostilité patente à laquelle les homosexuels peuvent être confrontés. "En quoi est-ce difficile d'être jeune, étudiant, et gay ?" : La question n'est pas posée. On "sort" de cette affiche en se disant : "Hmm... Pauvres homos, bien à plaindre, vraiment...", que ce soit avec empathie ou avec ironie, selon nos représentations initiales.
Par ailleurs, je trouve que la "phrase compliquée" elle-même signifie clairement "Nous, les homos, on déteste les homophobes"... évidemment que nous détestons les vrais homophobes, mais ce n'est pas à eux que s'adresse la campagne ; j'aurais aimé un message qui invite au dialogue plutôt que cette confrontation stérile.
Enfin, l'expression "étudiant(e) homosexuel(lle)" est une absurdité : on choisit d'être étudiant, c'est une fonction, un statut social, un choix, et c'est temporaire... le contraire de l'homosexualité, donc. Il n'existe pas plus de "communauté étudiante homosexuelle française" que de "communauté gay" tout court : en effet, "être gay" ne rapproche pas davantage les individus que "aimer le cinéma", "être né un mercredi" ou "être bon en sport".
Pour conclure ma diatribe (désolé de sa longueur), quelques questions : pourquoi cette affiche pleurnicharde et somme toute agressive ? Pourquoi opposer "cette fille [homosexuelle]", au singulier, aux "filles [homophobes]", au pluriel, sinon pour donner dans le pathos ? Quelle image veut-on véhiculer : celle de victimes à sauver par démonstration de pitié ?
Si d'autres internautes veulent nous démontrer les bienfaits de ces affiches, je serai ravi d'être détrompé. En attendant, je crains que la campagne gouvernementale ne soit que du politiquement correct maladroit.