Séance du Conseil général vendredi 20 novembre

Expulsions de Géorgiens : Yves Jamait et les élus montent au créneau

par Hanaë Grimal | dijOnscOpe | sam 21 nov 09 | 09:03
Le groupe Force de progrès réuni pour signer l'appel de RESF
La signature de l'appel par Yves Jamait, les associations, les élus...
Yves Jamait et Colette Popard, conseillère générale
Bruno Lombard, membre de RESF Côte d'Or

Si Yves Jamait était présent vendredi 20 novembre au Conseil Général de Côte d'Or, ce n'était pas pour pousser la chansonnette ni pour une séance de dédicaces. Quoique... Le chanteur est en effet venu apposer sa signature au bas de l'appel pour le respect par l'État des droits de l'enfant et de sa famille, initié par le Réseau Éducation sans frontière (RESF). Comme lui, les 21 conseillers généraux de l'opposition départementale ont signé l'appel. Tout un symbole puisque dans l'hémicycle, au même moment, les autres élus procédaient à la signature d'un protocole relatif à la protection de l'enfance. Les conseillers généraux ont ainsi souhaité manifester leur indignation vis à vis des vagues d'expulsions de Géorgiens vers la Pologne ces dernières semaines...

"Pourquoi cette violence ?"

En tout, 26 Géorgiens dont 12 enfants se sont fait expulser de l'agglomération dijonnaise ces quinze derniers jours, sur ordre du préfet. Mais ce que remettait en cause Yves Jamait hier, c'est la manière de procéder des autorités publiques : "J'ai appris que ces expulsions s'étaient déroulées dans la violence. Aujourd'hui, je me demande pourquoi. Pourquoi ces gens ont-ils été frappés ? Pourquoi ? Je n'arrête pas de me poser cette question". Le chanteur, dont la fille Coline a été dans la même école (Petit Bernard à Dijon) que certains des enfants expulsés, est écœuré. Des violences physiques auraient en effet été constatées par certains témoins. "Sans compter la violence mentale qu'une telle expérience peut laisser dans la mémoire de ces enfants", relève Bruno Lombard, membre du RESF de Côte d'Or.

Quand les élus s'insurgent

Une violence que certains élus ont souhaité dénoncer en boycottant la signature du Protocole relatif à la protection de l'enfance, à laquelle ils devaient assister lors de la séance du Conseil général hier. Pour les 21 conseillers généraux du groupe Force de progrès, qui ont tous signé l'appel de RESF, il semblait inadmissible de célébrer le vingtième anniversaire de la Convention des droits de l'enfant alors que trois jours plus tôt, des gendarmes arrêtaient parents et enfants dans un climat particulièrement tendu à six heures du matin... "Nous avons été informés que le préfet doit venir signer ce Protocole sur les droits de l'enfant. Cela paraît contradictoire... ", a souligné Jean-Claude Robert, président du groupe. Le préfet, Christian de Lavernée, n'est pourtant pas venu à 14h30...

A n'y rien comprendre...

Mais les élus ont eu l'occasion de l'interpeller sur le sujet le matin même, en lui demandant un rendez-vous qu'il a accepté. "Ce matin, il a dit que si les familles le souhaitaient, leurs dossiers de demande d'asile pouvaient être étudiés en France. Moi je ne comprend plus rien, c'est assez contradictoire", relevait Pierre-Alexandre Privolt, conseiller général de Nuits-Saint-Georges. Si le préfet a bel et bien affirmé cela, l'incompréhension est en effet totale : selon la convention de Dublin, le premier pays dans lequel un demandeur d'asile met les pieds est responsable de cette demande. Or les passeurs des Géorgiens les avaient d'abord fait transiter par la Pologne, d'où leur expulsion vers ce pays...

"Tout cela fait froid dans le dos. Est-ce que ça vaut bien la peine d'en arriver là, de débarquer à six heures du mat' pour arrêter ces pauv' gens ?", demandait Yves Jamait. Et d'ajouter : "Je voudrais savoir s'il a été donné l'ordre de les frapper. Et si c'est le cas, qui a donné cet ordre".  Tandis que les élus attendaient patiemment sur le perron du Conseil général que la signature du protocole soit achevée, ils se félicitaient d'avoir fait "leur boulot d'élus de gauche"...

3 commentaires

aurelius, 21 nov 09, 16:08 :

Faudrait m'expliquer en quoi le Conseil Général est compétent en matière d'expulsion. Leur boulot c'est de prendre en charge les gamins qui ont subi des violences dans leur environnement familial.

Pourquoi ne sont-ils pas allé manifester avec Yves Jamait devant la Pref ? C'est pourtant l'autorité compétente. Ou alors, tout ce qui intéressait les conseillers généraux de gauche, c'était de se faire un coup de pub médiatique !

Cette attitude est lamentable ! Le boycott n'est jamais une solution surtout pour une mission aussi importante que la protection de l'enfance. J'espère qu'ils s'en rappeleront la prochaine fois qu'ils seront amenés à voter des mesures de placement ou de mise en protection de gamins battus ou violés.

Là aussi il y a des vies humaines en jeu. On ne peut pas opposer cette dramatique expulsion à la mission de protection de l'enfance. Il s'agit là de deux choses complètement différentes.

Leur "boulot d'élus de gauche" aurait été aussi de s'en rappeler !

jedisçajdisrien, 21 nov 09, 10:28 :

et quand c'est la ville de dijon qui dénonce les soit disant mariages blanc,les clandestins,les roms on s'insurge pas ?????

vous avez déjà oubliez ????

Alex Miles, 21 nov 09, 10:26 :

Ceci montre que Jamait n'est pas seulement un artiste mais un citoyen engagé pour les droits de nous tous.
J'espère que la politique de Sarkozy/Besson sera severment reprimer aussi fort qu'ils ont abuser des ces pauvres gens qui voulait tout simplement vivre en paix en France.
Alex Miles

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