1ère bougie anniversaire pour la galerie associative dijonnaise

Nü Köza : Petite galerie deviendra grande?

par Lydie Reversat | dijOnscOpe | ven 15 jan 10 | 08:36
Nü Köza en janvier 2010 : 50 artistes et 1 000 œuvres ! L'espace est bien rempli... Maxime : "Nous arrivons à une saturation de l'espace"
Nü Köza à ses débuts en janvier 2009 : 10 artistes et 50 œuvres...
Une galerie d'art au concept unique à Dijon : l'artothèque.

Créée en janvier 2009, la galerie associative Nü Köza souffle ce mois-ci sa première bougie. Après seulement un an d'existence, face à un succès grandissant, cette association d'artistes recherche un nouveau local, beaucoup plus grand que les 27 m2 du 89 rue Berbisey. Rencontres avec Fabien Lédé, artiste plasticien, et Maxime Grossier, auteur photographe, cofondateurs de Nü Köza, pour dresser le bilan de cette première année et évoquer les temps forts de 2010...

Le succès d'un concept unique à Dijon

Fondée sur l'échange, le partage et la solidarité, cette galerie a pour fer de lance "une mise en valeur directe du travail des artistes et une mutualisation des moyens techniques et artistiques". Pour Fabien, "il manquait à Dijon un lieu qui donnerait une visibilité constante aux artistes émergents". Même constat pour Maxime : "Nous avons créé la galerie pour promouvoir des artistes qui ne trouvaient pas à Dijon un lieu d'exposition adapté. Généralement, les artistes exposés sont reconnus et les lieux d'exposition déjà existants sont trop souvent tournés vers un art conceptuel". Avec des expositions, renouvelées toutes les 3 semaines, et de nombreux événements tout au long de l'année, les artistes sont valorisés et ce, dans tous les domaines : arts plastiques, écriture, danse, vidéo, performance, design...

Mais le concept unique lancé par Nü Köza, c'est surtout l'artothèque, comme Fabien l'explique : "Dans le but de rendre l'art accessible à tous, un mois après la création de la galerie, nous avons lancé une artothèque. Pour seulement 20€ par an, le public peut emprunter des œuvres chez lui pendant 3 semaines. Aujourd'hui, nous comptons déjà 130 usagers". Après seulement un an d'existence, le succès est au rendez-vous et les chiffres, donnés par Fabien, parlent d'eux-mêmes : "Au début, nous étions 10 artistes et il y avait 50 œuvres. Aujourd'hui, il y a plus de 50 artistes et 1 000 œuvres représentées ! Malgré notre emplacement, le taux de fréquentation de la galerie se situe entre 50 et 150 personnes par semaine. Pour les vernissages, on compte 150 personnes au cours de la soirée".

2009 : une année autofinancée, une logique d'association développée

La galerie est tenue par les artistes eux-mêmes, tous à titre bénévole, qui assurent un roulement pour les permanences. Avec Nü Köza, fini le temps des artistes intouchables et sacralisés : le public peut désormais facilement les rencontrer. Grâce à un système d'autofinancement "fragile", et sans aucune subvention de la ville en 2009, la galerie réussit toutefois à tirer son épingle du jeu. Pour Fabien, "nous sommes très modestement bénéficiaires mais nous avons beaucoup plus qu'un bénéfice financier : une visibilité forte et de nombreuses propositions de projets. Cela permet de développer la création artistique locale et de multiplier les partenariats. Notre objectif est de réunir tous les genres artistiques. C'est l'idée d'un véritable groupe contre une société d'artistes individualistes".

En un an, l'attractivité de Nü Köza s'est fortement accrue selon Maxime : "Les collectivités, les privés, les associations viennent nous voir pour de nouveaux projets. Nous allons participer au projet Métropole Rhin-Rhône, avec des installations d'Api et de Max Tobbias, au cloître Sainte Anne (d'avril à septembre). Je vais aussi mener une action pédagogique avec le collège de Fontaine d'Ouche sur la mémoire de quartier". De nombreuses associations sont venus les rencontrer : Octarine, qui a mis à l'honneur 3 artistes de Nü Köza dans son Calend'010 (exposition actuellement au Conseil Régional), et qui sera invitée à la galerie (avril-mai) ; mais aussi La Voix des mots pour une soirée dans le cadre de son festival (Miracle de la rose le 27 janvier), ou encore Italiart, l'ACEF et ses Cyclopédies belges (en mars).

2010 : A la recherche d'un nouveau local en centre ville... et d'une aide financière

Freins importants à la réalisation de tous les projets : la petite taille du local et le manque de ressources financières. Pour Maxime, "depuis un an, la forte croissance du nombre d'artistes, d'œuvres, d'événements et de propositions extérieures font que nous arrivons à une saturation de l'espace. Nous disposons seulement de 27 m2. Se pose aujourd'hui le problème du stockage des œuvres et de leur bonne diffusion car, pour les valoriser, il nous faut un lieu d'exposition véritable. Nous sommes dans l'impossibilité de proposer des résidences d'artistes ou de créer des ateliers qui permettraient aux artistes de disposer de matériel et de locaux pour leur production. La municipalité nous soutient moralement, c'est un premier pas : nous attendons des réponses de sa part prochainement. En 2010, il serait bien que Dijon, ville de patrimoine et d'histoire, puisse avoir une artothèque et des ateliers dans un lieu plus grand. Si, comme on l'espère, les collectivités et les privés nous aident à réaliser une artothèque plus conséquente, l'accès à l'art sera d'autant plus facilité et démocratisé".

Pour plus de visibilité, l'idéal serait un local situé au cœur de la ville : "Si nous voulons respecter nos engagements de promotion et de diffusion des artistes, nous devons être au centre-ville, sinon notre objectif sera moins réalisable. Si notre local est excentré, le public se déplacera moins." Et Fabien d'ajouter : "C'est ce qui dynamisera aussi le centre-ville et rendra Dijon plus attractive avec une force de propositions artistiques". Le problème ? Le prix ! "Le coût d'un local est excessivement cher, d'autant plus quand l'activité n'est pas commerciale. Notre association (type loi 1901) n'est pas à but lucratif, elle n'est pas un commerce ; ce sont les artistes qui vendent. L'association prend seulement 20% sur les ventes pour financer l'artothèque et assurer la promotion des artistes. Nous sommes à la recherche de tout mécène, privé ou public, désireux de nous soutenir, humainement ou financièrement. On lance un appel à toutes les personnes intéressées pour pérenniser notre activité et continuer à offrir un art pour tous". L'appel est lancé, avis aux amateurs !

Un festival estival à Dijon et un rayonnement régional à Avallon

Comme l'année passée, le collectif renouvelle son festival "Out of Nü Köza", en investissant des lieux dijonnais au mois de juillet : Hôtel de Vogüé, bars, restaurants, jardins particuliers... Au programme : lectures, expositions, concerts et performances, le tout entièrement gratuit. En 2009, le taux de fréquentation à l'Hôtel de Vogüé avait atteint 12 000 visiteurs : "Cela nous a assuré une meilleure visibilité et cela nous a permis de rencontrer et d'inviter d'autres artistes, comme un artiste iranien ou Balata et Jullien, un couple d'artistes reconnus". Fabien est enthousiaste : "Cela prouve que les artistes émergents intéressent et qu'ils peuvent faire des expositions de qualité". Pour la 2ème édition, des nouveautés : "Nous allons essayer d'avoir plus de lieux et de créer des pôles plus spécifiques, dédiés à un art en particulier. Il y aura aussi plus d'artistes et plus d'événements".

Le rayonnement de Nü Köza s'inscrit même au-delà de Dijon puisque l'association participera à l'année sur le centenaire de la naissance de Jean Genet, organisé par le Parc du Morvan. La ville d'Avallon mettra à sa disposition ses Abattoirs pour une grande exposition, des soirées lectures et des concerts (du 17 au 23 mai 2010). Dans la même lignée, le 22 août à Aligny-en-Morvan, (village d'enfance de Jean Genet), Nü Köza créera "une procession littéraire et artistique", sur les sentiers foulés par l'auteur. Un projet de grande ampleur qui inscrit le collectif dans la vie culturelle régionale.

D'ici-là, retrouvez la programmation complète sur le site de l'association et dans l'agenda de dijOnscOpe.

Infos pratiques

Nü Köza
89, rue Berbisey, à Dijon
Nouveaux horaires : du mardi au samedi, de 13h à 19h
info@nukoza.com
Fabien Lédé : 06 84 59 83 39
Maxime Grossier : 06 74 51 15 45

5 commentaires

jds, 23 avr, 12:47 :

j'adore,enfin un lieu d'art a Dijon

Toppi, 04 fév, 12:16 :

Merci pour cet article complet qui montre à quel point les associations ont une importance capitale dans le tissu local.
Cette initiative est formidable, grande idée !
Je souhaite à Nü Köza un soutien de la ville à la hauteur de leur très bonne initiative... vivement un plus grand local et longue vie à Nü Köza (150 personnes dans 27 m², ça le fait pas du tout !!!)
Bel article, merci à la journaliste !

Marie, 18 jan, 18:16 :

bel article montrant l'importance d'aider les jeunes artistes émergeants, car c'est aussi ce type d'initiative qui fait vivre et rend dynamique une ville...et pas seulement le tramway!

Francis.Q, 17 jan, 10:09 :

cool, super initiative!
enfin un art vivant et ouvert pour tous!!

doom, 16 jan, 10:38 :

très bon article sur cette très belle et grande initiative artistique.
il est clair que cette asso doit avoir un espace d'expression plus grand pour pouvoir créer et exposer...

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