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ven 03 sep 10
Non?...et bien moi non plus! Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, mais en vain: les arcanes de l'art du design conceptuel me sont encore trop hermétiques. C'est donc avec une grande circonspection que nous abordons cette exposition aux allures pour le moins opaques. Qu'à cela ne tienne, nous allons tenter de débusquer une étudiante capable d'éclairer quelque peu notre lanterne de pèlerin égaré en terre païenne...
Le vendredi c'est ravioli!
En effet, l'exposition se compose de travaux des étudiants de cinquième année Design de l'École Nationale Supérieure d'Art de Dijon. Avant d'accéder aux arcanes de la compréhension ésotérique du savoir artistique, fallait-il tout d'abord retrouver son chemin dans le dédale des bâtiments de l'école... Une fois arrivés jusqu'à la salle des cinquièmes années Design, nous fûmes dépassés par leur nombre de un. Une plus exactement, les autres s'étaient fait malheureusement surprendre par le laxisme intrinsèque à la notion de travail en autonomie du vendredi. Mais ne ménageons pas notre chance, notre charmante guide de fortune se révèle être un(e) des participants de l'exposition. Voilà de quoi nous apporter quelques clés de lecture bien nécessaires à une appréciation plus juste de ces travaux.
Un travail très...personnel
Malgré une implication particulière dans le projet, notre jeune artiste en devenir sera bien en peine de nous expliquer le pourquoi du comment de la démarche comme du résultat d'une bonne partie des travaux de ses camarades. La voie de l'art est un parcours semé d'embuches pour le téméraire qui bravera le destin pour y parvenir, mais c'est avant tout un chemin que l'on se doit d'emprunter seul. Une démarche personnelle d'introspection, de mise en abîme de sa propre existence, requérant humilité et force de caractère, un véritable don de soi en vérité. Enfin bref, les travaux exposés ici sous forme de posters de 1mx1.20m ne sont en fait que la concrétisation d'une étape de travail dans un projet plus large, qui servira de base d'examen pour cette dernière année de formation des jeunes artistes. Un résultat provisoire, qui reste très difficile à appréhender sans les explications de son auteur et surtout, sans avoir une connaissance plus globale du fil conducteur qui a pu apparaitre un ou deux ans plus tôt. Néanmoins, quelques éléments de réponse sont présentés sous vitrine afin d'accompagner les travaux présentés. Il s'agit de carnets de croquis et de dessins préparatoires, ainsi que des éléments d'inspiration qui offrent un environnement de réflexion aux différents aboutissements présentés aux murs.
Une orientation architecture/espace de vie/environnement
Sans passez en revue et dans le détail chaque réalisation voyons un peu ce qui passe par la tête de nos futurs designers. On part toujours d'une thématique au sein de laquelle on choisi une voie plus particulière, un aspect que l'on va travailler. De nombreux concepts fleurissent, donnant lieu à des croquis qui n'auront que rarement de concrétisation et dont ces même concrétisations ne trouveront probablement pas d'écho en terme de projet viable. Mais il faut souvent passer par toutes ces étapes un peu hasardeuses et aléatoires pour finalement préciser l'une d'entre elles, qui servira peut-être de base de travail à un nouvel habitat écologique ou à une gamme d'équipement publics.
Alors concrètement, que trouve-ton dans cette exposition?Â
Une recherche sur les cercles d'intimité du lien social dans l'étude plus globale d'un design d'intérieur proposant des modules adaptables au degré d'intimité auquel ils se réfère. Un habitat à l'architecture interne variant en fonction du niveau relationnel (n°4 sur l'affiche).
Très à la mode aussi, un travail sur l'architecture verte, avec l'idée d'un espace autogéré faisant partie intégrante du paysage naturel dans lequel il est inséré. Le travail se présente sous la forme d'un relevé topographique aléatoire d'éléments naturels tels que l'écorce d'un arbre (n°3).
Un autre projet s'inspire de la chine traditionnelle et de ses motifs récurrents en architecture. Ceux-ci sont ensuite intégrés de manière étonnante à une architecture plus moderne, ou du moins plus occidentale pour un mélange des techniques et des cultures au final très visuel. Avec en prime une possible utilisation technologique et pas exclusivement esthétique (n°1).
Je vous laisserais le plaisir de faire le lien entre le projet de showroom modulable (gonflable?) pour styliste et le rendu sous forme de poster. Attention, le lien n'est pas franchement percutant (n°5) !
Toujours dans le travail de l'espace, de sa modularité et de sa temporalité, on rencontre un projet sur la cellule d'habitat et ses dimension minimum. Comment réaliser des espaces de vie restreints mais dotés d'une optimisation maximum. Un tableau patchwork d'images qui renvoie au caractère répétitif et figé de l'habitat précaire à tous les sens du terme (n°7).
Un autre travail s'attache à la notion de durée et de finalité du bâti. Le chantier de construction et ses différentes étapes de mise en œuvre et de progression sont au centre de la réflexion. Comment permettre par exemple au public de voir cette progression, de prendre conscience du parcours architecturale et du processus qui s'opère d'un point de vue visuel? (n°8)
On trouve encore un exercice de style, avec un travail sur le pictogramme. En réaction à un monde guidé dans ses geste voire même complètement automatisé, où les gens n'ont plus rien à faire que de suivre un trajet prémâché au quotidien, on nous présente une signalétique de l'absurde. Un code de la gestuelle au quotidien tel que l'on peut s'en apercevoir avec des mises en garde "Attention, c'est chaud" sur les gobelets à café, mais en poussant à l'extrême. Un code de la "sécurité routinière" est-il écrit (n°2).
Vous l'aurez compris, un nombre de travaux restreint mais de quoi vous faire fumer les méninges un certain temps. Mieux vaut attaquer l'ascension avec un minimum de bagages. Cependant, certains résultats sont tout de même très graphiques et l'on ressent l'influence des logiciels modernes de graphisme tels qu'Illustrator. Des idées intéressantes et des pistes de travail surprenantes, mais nous vous conseillons fortement la présence d'un étudiant ou mieux, de l'auteur lui-même afin de discuter plus avant de son travail. Cela constituera d'ailleurs un très bon entrainement pour le futur diplômé!
Concept design - posters
une exposition des étudiants de 5e année Design
ENSA Dijon
3 rue Michelet - Dijon
au Pôle édition
du 13 au 29 janvier 2010
Claudie Berlet, Clarisse Dubus, Damien Fenard,
Clémence Laparra, Liang Liang, Hugo Meyer,
Violaine Truchetet, Cindy Veerapen et So Hwa Yang
5 commentaires
Derniers commentaires
Le sot, tjs. aussi imbu de sa très petite personne , où "l'art de se donner une apparence quand on a jamais rien été"
Oui enfin...
Vous ne connaissez visiblement rien à la vie de Heidegger, moins encore à son cheminement...
Vous êtes incapable de développer ses propositions - ou mieux, de proposer un aperçu de sa dynamique - et en particulier de définir ses concepts fondamentaux...
Je ne parle même pas de penser l'époque...
En clair, l'invective est votre seule façon de vous affirmer, ce qui arrive malheureusement lorsque ceux qui confondent pensée et praxis n'ont tout simplement plus de matériau sur lequel agir.
Bref... on ne va tout de même pas s'amuser à citer Nietzsche pour vous...
Que les jeunes étudiant-e-s des Beaux-Arts ne se laissent pas impressionner par les philosophâtres, le national-socialiste Heidegger n'était rien rien d'autre qu'un gros tas de m...
Tiens le REAC de service.
Le pseudo se révèle de plus en plus révèlateur.
Il doit faire une "fixette" , des hallucinations il faut voir SON dieu partout.
A ce stade çà ne se soigne plus, il faut amputer d'urgence.
Oui, c'est de l'art humain. Du néant, donc.
On commence par supprimer le concept de Réel, donc pour aller vite la transcendance (des étants, de Dieu, ...).
Ensuite on laisse seule la subjectivité, par définition appauvrie puisque privée d'environnement.
On décrète la liberté de celle-ci, par principe, par idéologie uniquement. Elle se retrouve donc face à sa propre vacuité, en l'absence d'éléments à appréhender: c'est une vasque creuse, à remplir, qui se prend pour un éminent déversoir.
Le champ est libre pour l'esprit du temps, par la puissance agissante de l'époque; pour l'esprit de la Technique donc. Cette dernière satellise la subjectivité se croyant autonome pour l'intégrer dans son contre-environnement, dans l'espace a-mondain qu'elle n'a pu ''fonder'' qu'en raison des étapes précédentes.
L'artiste devient un simple "sampler", le contraire d'un poète en fait, une sorte de propagandiste de la Technique. Et il n'a plus qu'à se féliciter de sa nullité.