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ven 03 sep 10
L'Académie de médecine est aujourd'hui défavorable à la semaine de 4 jours mise en place en 2008 et appliquée dans 98% des écoles françaises. En effet, ce nouveau système ne serait pas adapté au rythme biologique de l’enfant et le fatiguerait d’avantage. Les enseignants interrogés par dijOnscOpe vont tous dans le sens du rapport...
L'Académie nationale de médecine considère que l'aménagement du temps scolaire en France "n'est pas en cohérence" avec les rythmes biologiques de l'enfant et fustige le "rôle néfaste" de la semaine de quatre jours dans le primaire. Un rapport qui n’étonne nullement les responsables du SNUipp-FSU Dijon (Syndicat National Unitaire des Instituteurs) : "Ce rapport ne fait que conforter ce que nous avons toujours dit : la semaine de 4 jours est une décision prise par Xavier Darcos sans aucune concertation et sans tenir compte des études sur le rythme de l’enfant." Mathilde Micard, secrétaire 1er degré du syndicat Sgen-CFDT et institutrice en Côte-d’Or établit la même analyse : "Le Sgen-CFDT avait dit que la semaine de quatre jours était quelque chose de très fatiguant. L’aide personnalisée n’arrange pas les choses !* La réforme a apporté plus de fatigue que d’intérêt. Beaucoup d’enfants partent en week-end : de ce fait, ils ont du mal à faire leurs devoirs le soir. Je pense que la semaine de 4 jours, c’est bien pour les parents, c'est-à -dire les électeurs, mais certainement pas pour les enfants ! Il s’agit d’un effet d’annonce de Darcos."
Des rythmes infernaux
Jean-Marc Blanchet, directeur de l’école primaire d’Ahuy et enseignant en CM2, regrette l’intérêt pédagogique du samedi : "La semaine de quatre jours pénalise enfants et enseignants. Ce qui est le plus négatif avec la suppression du samedi, ce sont les heures d’enseignement en moins : on se retrouve avec autant de travail mais avec des heures en moins ! Le samedi, nous pouvions reprendre certaines choses mais ce n’est plus possible. Nous sommes obligés d’insister sur les maths et le français et de reporter les autres matières en fin d’année." Thomas Moreaux, instituteur de CM2, résume bien le sentiment général : "Les programmes sont les mêmes avec trois heures de cours en moins. Du coup, les enfants sont sous pression. On leur demande autant avec des plages horaires moins importantes. Les trois heures en moins sont remplacées par l’aide personnalisée. Le samedi permettait de terminer le travail non terminé." Autre inconvénient notable selon Mathilde Micard : "Les enfants habitant à la campagne ne peuvent pas faire l’aide personnalisée car en fin d’après midi, il n’y a plus de ramassage scolaire. Si l’on changerait de système, il faudrait que le Conseil Général prévoie plus de bus mais cela couterait très cher."
Il faut réduire les vacances scolaires
Dans un rapport adopté lors de sa séance hebdomadaire le 19 janvier 2010, l'Académie préconise d'aménager la semaine sur 4 jours et demi ou 5 jours en évitant "la désynchronisation liée à un week-end dont le samedi est libre". Des recherches ont montré que la semaine de 4 jours, mise en place à la rentrée 2008, "est défavorable à l'enfant car celui-ci est plus désynchronisé le lundi et le mardi matin", avec pour conséquence une diminution de la vigilance. L'Académie recommande également d'évoluer vers un calendrier de 7 à 8 semaines de classe et 2 semaines de vacances. Les enseignants ont leur avis sur la question. Pour Mathilde Micard, il faudrait peut-être supprimer quelques jours de vacances : "La solution serait peut-être de mettre moins de vacances scolaires. Je fais l’aide personnalisée pendant une heure le mercredi matin. Beaucoup de mes collègues font ça entre 12h et 15h, pendant la pause déjeuner, mais cela fait une pause très courte, c’est très fatiguant pour les élèves. Maintenant, si on dit qu’il y a aura classe le samedi matin, il sera difficile pour les enseignants de revenir en arrière."
Le SNUipp-FSU Dijon propose une vraie réflexion entre partenaires : "Il faut discuter avec tous les partenaires pour revenir à quelque chose qui aille dans l’intérêt de l’élève. Ce rapport n’apporte rien de nouveau et nous conforte dans l’idée qu’il faudrait une vraie réflexion sur les temps scolaires et le rythme de l’enfant. Par exemple, la zone B est en vacances d’hiver après seulement 5 semaines de cours ! Nous pensons qu’il faudrait revenir à quelque chose d’autre et alléger les journées. L’aide personnalisée les a encore allongées en ajoutant une demi-heure de cours chaque soir. Ce n’est pas du tout le bon fonctionnement." Pour le moment, la solution quotidienne est probablement d’adapter les cours au rythme des enfants comme le fait Jean-Marc Blanchet : "Je n’ai pas la sensation que les enfants sont particulièrement fatigués car je gère l’emploi du temps en fonction de leur rythme. Comme chacun le sait, l’attention de l’enfant varie selon le jour et l’heure. Le lundi matin, par exemple, j’ai mis en place de l’EPS pour remettre les enfants dans le bain."
* Dans le cadre de la réforme de l’école primaire, qui est entrée en vigueur à la rentrée 2008, chaque enseignant doit désormais consacrer deux heures par semaine, sous la forme de soutien personnalisé, pour accompagner les élèves rencontrant des difficultés scolaires.
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Pierre