Les deux universités réfléchissent à la meilleure union possible

Universités : "La Bourgogne est la meilleure alliée de la Franche-Comté"

par Sarah George | dijOnscOpe | mer. 13 févr. 13 | 17:11

Le mot d’ordre n’est plus à l’opposition, mais bien à l’union. L’Université de Bourgogne (UB) et l’Université de Franche-Comté (UFC) l’ont prouvé ces derniers mois en cherchant à développer une politique commune et en s’avouant être mutuellement "sur la même longueur d’onde". Reste aujourd’hui pour elles à plancher sur les modalités de cette union.

Pour la première fois, les conseils d’administration des deux universités ont participé conjointement à une réunion à Besançon, dans le Doubs (25), mardi 12 février 2013, histoire d'aborder la question de la mutualisation. Les deux sœurs, autrefois ennemies – ou tout du moins concurrentes -, sont dorénavant bel et bien alliées. Même s’il demeure quelques points de divergences, sur la façon de procéder notamment.

Faut-il opter pour la fusion des deux établissements ou la communauté d’universités ? Qu’en est-il des écoles d’ingénieurs ? Ces questions restent pour le moment en suspens et sont en discussion entre les membres des deux universités, dans l’attente de la définition d’un cadre plus précis du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, qui ne va pas sans inquiéter le monde universitaire (lire ici L'Etudiant.fr)...

Exit la compétition

"Si nous ne nous rassemblons pas, nous allons nous fragmenter." Alain Bonnin, président de l’UB, en est convaincu – tout comme son homologue franc-comtois d’ailleurs - : l’avenir se fera à deux ou ne se fera pas. C’est pourquoi, ils ont décidé, lors de cette réunion, de voter conjointement un texte sur le projet de leur mutualisation. Celui-ci avait déjà été examiné séparément en janvier 2013 par l’UFC et il y a quelques jours par l’UB.

"Ce texte dit que nous souhaitons créer un établissement universitaire commun qui délivrera des diplômes et une signature scientifique commune", remarque Alain Bonnin. "Cela signifie une plus grande lisibilité sur le plan national pour les deux universités. Une publication scientifique ne sera, par exemple, plus rattachée à l’une ou l’autre des universités mais bien aux deux."

Chaque diplôme sera ainsi estampillé "université de Bourgogne-Franche-Comté", ce qui pourrait avoir davantage de poids dans un curriculum vitae (Lire ici L'Etudiant.fr), grâce notamment à la taille de l'ensemble universitaire. D’environ 25.000 étudiants inscrits à l’UB et 21.000 inscrits à l’UFC, on passerait en effet à un corpus universitaire de 46.000 étudiants.

Ce qui à la mérite de conférer une meilleure visibilité. "La compétition n’est plus entre la Bourgogne et la Franche-Comté", précise Alain Bonnin. "La Bourgogne est la meilleure alliée de la Franche-Comté et vice et versa."

Des désaccords sur le degré d’intégration

Les deux conseils d’administration des universités ont ainsi débattu du cadre juridique du projet de mutualisation. Car si le fond est validé, il reste à définir la forme. En d’autres termes : tout le monde est d’accord pour créer un établissement universitaire commun, mais il se pose encore la question du comment faire ?

Deux modèles se présentent pour le moment aux parties prenantes : d’abord la fusion, "telle qu’elle s’est faite à Strasbourg", souligne Alain Bonnin (Lire ici LesEchos.fr). "Cela implique que les entités universitaires soient entièrement détruites puis recomposées, ce que nous ne voulons pas." Autre option : la "communauté d’universités" où la gouvernance est commune et partagée.

C’est sur ce point que les avis divergent au sein des conseils d’administration. "Il y a encore des désaccords qui portent sur le degré d’intégration. Certains sont davantage favorables à la communauté d’universités, d’autres non", explique le président de l’UB. Pas de remise en cause totale pour autant pour les deux présidences, qui jugent ces discussions "très prometteuses pour l’avenir."

Un cadre législatif encore flou

"Les deux conseils d’administration ont voté un texte d’objectif qui est l’union des deux universités", rappelle, de son côté, le président de l’UFC, Jacques Bahi. "Avec le principe du respect des spécificités de chaque site et le souci de répondre aux demandes des écoles d’ingénieurs", qui prévoient elles aussi d’être intégrées la mutualisation. Jacques Bahi avoue ainsi avoir avancé "un tout petit peu". Le plus important étant que "le projet ait réuni les deux conseils d’administration".

En définitive, le principal frein à une prise de décision pour les deux présidents est l’absence d’un cadre véritable de la loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, en cours de discussions et prochainement votée (Lire ici LeMonde.fr). "Nous sommes interrogatifs pour l’instant car les modèles sont flous", spécifie Jacques Bahi. "On ne va pas voter un schéma si on ne connaît pas les modalités exactes de création."

Remplaçante de la loi relative aux libertés et aux responsabilités des universités (loi LRU), cette nouvelle loi définirait trois modes de regroupement entre établissements, qui se subsisteraient finalement aux Pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES), dans un délai encore à préciser.

"Fusion, fédération, rattachement par convention à un établissement en préservant la personnalité morale de chaque établissement rattaché : chaque site académique choisira la formule la mieux adaptée à ce regroupement indispensable", estimait Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, lors de ses vœux (Lire ici L’Etudiant.fr).

L’objectif ? Ne faire plus qu’un !

"La loi doit passer au Conseil d’Etat et au Conseil des ministres en mars 2013, et devant le parlement en juin-juillet", souligne Alain Bonnin. La décision des deux universités de Bourgogne et de Franche-Comté devrait toutefois être prise d’ici là. "Nous n’allons pas attendre l’entérinement de la loi", remarque Jacques Bahi. "Nous allons bientôt avoir plus d’éléments et à partir de là nous entamerons de nouvelles discussions et de nouvelles réunions de travail avec les conseils d’administration."

La volonté de travailler ensemble est en tout cas bien là... Les universitaires semblent avoir décidé de reprendre à leur compte une devise ancestrale qui veut que "l’union fasse la force". "Nous pèserons plus lourd avec tous les indicateurs de nos deux universités. L’objectif est de n’en faire qu’une ; une université qui pèse lourd."

1 commentaire

NF Bourgogne, 14 févr., 13:32 :

A Sens nous sommes pratiquement en dessous du périphérique parisien, un peu avant Tournus nous sommes dans Lyon, après Saulieu on ne sait plus tès bien...peut être Blois, Giens ?...et à l'est, la Franche Comté qui n'a pas la même culture que la Bourgogne (culture au sens de manière de vivre) ni la même histoire, ni la même géographie...ni le même vin !!!...neuf bourguignons sur dix vous diront que le vin du jura est un vin raté ! Pas sur que tout cela ne soit sans rapport avec les facs...jusqu'ici très très peu de choses ont été bien faites.( aucune à y réfléchir ?) Et puis copier les entreprises qui fusionnent au nom de la rentabilité, au nom des RGPP (pour les initiés)...bref des fantasmes de politicards qui feraient mieux de retourner à l'usine.. ou à leurs enseignements....pour voir...Bonne jourée

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