Parfums / Cosmétiques
http://www.brindebienetre.fr
Côte-d'Or
25€
Les distinctions honorifiques ont-elles encore un sens ?
Ordre national de la Légion d'honneur, ordre national du Mérite, médaille militaire... Épinglés à la veste, ces ordres, décorations et autres médailles honorifiques ne manquent pas. La plus prestigieuse d'entre eux, la Légion d'honneur, sera d'ailleurs remise à Jean-Louis Crabespine, président de la Chambre régionale de l'économie sociale et solidaire Bourgogne (Cress Bourgogne), vendredi 15 février 2013, par Benoît Hamon en personne, le ministre de l'Économie sociale et solidaire.
Une récompense militaire à la base, que beaucoup pensent devenue galvaudée alors qu'à l'origine, lors de sa création le 19 mai 1802 (ndlr : 29 Floreal an X dans le calendrier révolutionnaire), le système devait permettre de restaurer une certaine stabilité politique dans le pays au même titre que la rédaction du Code civil, la réforme de l'administration et de l'enseignement, ou la fondation de la Cour des comptes."Il faut créer un ordre qui soit le signe de la vertu, de l’honneur, de l’héroïsme, une distinction qui serve à récompenser à la fois la bravoure militaire et le mérite civil", écrivait alors Napoléon Bonaparte. Est-ce toujours le cas ?...
Les sportifs au premier rang
C'est ainsi que par décret du 31 décembre 2012, neuf personnalités du département de la Côte-d'Or (21) ont été promues dans l'ordre national de la Légion d'honneur. Parmi elles, le nageur et champion paralympique Charles Rozoy. "Les enfants regardent toujours ceux qui ont des médailles, les considèrent comme des modèles. Lorsque j'étais gamin, je rêvais de décrocher une médaille olympique. C'est chose faite et cette nouvelle récompense vient selon moi, récompenser un gros investissement, qui ne se fait pas uniquement sur le plan sportif", considère-t-il.
"L'attribution de la Légion d'honneur de façon quasi systématique à des sportifs de haut niveau est un phénomène assez récent", reconnait Jean-Pierre Sylvestre, professeur de sociologie à l'Université de Bourgogne (UB). "En 1964, suite à la Transatlantique, le navigateur Éric Tabarly fut un des premiers à être décorés. Ce n'était pas un footballeur certes, mais il avait accompli un grand exploit." Sauf que depuis les Jeux olympiques de Séoul en 1988, les sportifs sont automatiquement promus au grade de chevaliers de la Légion d'honneur quand ils sont champions olympiques, et au rang de chevaliers de l'ordre du Mérite lorsqu'ils remportent l'argent ou le bronze.
Pour les pouvoirs publics, ces sportifs participent au "rayonnement de la France", comme d'autres personnalités. Ce que Charles Rozoy conçoit aussi : "Je sillonne les collèges pour rencontrer des élèves et partager mes valeurs, je pense diffuser une bonne image de la Bourgogne et même de la France". Au Palais de l'Élysée, le président de la République, François Hollande, lui remettra sa médaille le 22 février 2013. Dans la délégation de six personnes qui peuvent l'accompagner, sa grand-mère : "C'est un de ces derniers moments et je veux le partager avec elle".
93.000 médaillés maximum
L'esprit instauré par Napoléon Ier est-il toujours d'actualité ? "Aujourd'hui, les sportifs sont de véritables vedettes médiatiques. Lorsqu'on lit des ouvrages d'Honoré de Balzac par exemple, on se rend compte que la Légion d'honneur était distribuée allègrement à des gens qui ne l'avaient pas forcément méritée, mais qui était dans des réseaux", remarque le sociologue Jean-Pierre Sylvestre. "Sans avoir fait de statistiques, je ne pense pas qu'il y ait plus de nomination qu'autrefois."
Au contraire même. En 1962, l’Ordre national de la Légion d'honneur comprenait 320.000 membres. Si bien que le général de Gaulle décide d'une réforme du système pour éviter que l'inflation ne nuise à la crédibilité et au prestige de la récompense. Le Code de la Légion d’honneur et de la médaille militaire prévoit alors un nombre maximum de 125.000 décorés vivants et instaure un nouveau grade : l’ordre national du Mérite.
"Il y a désormais environ 93.000 médaillés, un chiffre stable depuis une dizaine d’années, affirme la Grande chancellerie de la Légion d'honneur, soit environ 3.200 personnes décorées chaque année. Le nombre de décorés fait l’objet d’un contingent triennal de manière à pouvoir respecter le seuil maximum imposé par le Code. Les décorés sont chaque année environ 2.100 civils (à parité hommes/femmes), 1.100 militaires d’active, de réserve et anciens combattants." Le Conseil de l'Ordre rejetterait même 15% des dossiers, notamment pour des mérites insuffisants.
"S'assurer une clientèle et l'entretenir"...
Rappelez-vous des mots de Claude Darciaux, la mairesse de Longvic (21), lors de la remise de ses insignes de chevalier de la Légion d'honneur en décembre 2012 : "Je me sens toute petite face à tous ces médaillés dans la même promotion que moi... Une pensée émue pour Simone Veil qui a été élevée au rang de Grand-Croix de la Légion d'honneur [...] Je ne m'attendais pas à pareil honneur. L'étonnement et la surprise ont pris le dessus sur toute autre impression. Je suis plutôt d'un caractère à fuir les honneurs pour préférer l'action".
"Il faut plus voir si la signification d'une telle distinction n'a pas changé. La distribution des médailles a toujours été un moyen pour les politiques de s'assurer une clientèle et de l'entretenir", ajoute le Jean-Pierre Sylvestre. "Leur valeur a peut-être diminué avec le temps mais si une personne l'accepte, c'est qu'elle considère qu'elle a une valeur elle..." Le sociologue distingue cependant les médailles militaires des autres : "La Croix de guerre, par exemple, ne peut pas se galvauder. À ceci près que les anciens de la Première Guerre mondiale entre 1914 et 1918, puisque leur nombre s'amenuisait, finissaient par tous avoir une décoration alors que dans les années 1960, les anciens Poilus qui recevaient la Légion d'honneur étaient plus rares donc très bien vus".
En 1921, 75% des effectifs étaient décorés à titre militaire révèle les chiffres de la Grande chancellerie. En 2012, 64% des nouvelles promotions étaient issues de la société civile. "Le monde du showbiz et du spectacle occupe une place de plus en plus importante", reconnaît Jean-Pierre Sylvestre. "En son temps, l'acteur Jean Gabin l'a obtenu aussi". D'autres ont fait le choix de la refuser, comme le chanteur Georges Brassens, qui en a fait une chanson satirique. Avant lui, en 1950, l'écrivain bourguignon Marcel Aymé a même invité le ministère de l'Education nationale à "se carrer [la Légion d'honneur] dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens".
6 commentaires
Derniers commentaires
Vous remarquerz qui a reçu la légion d'honneur au 1er janvier...à Bordeaux par exemple ? vous remarquerez le nombre de tocards et de types bien qui en ont été décorés...ce n'est pas la médaille qui est mportante...mais le regard des autres sur la médaille ! alors n'en parlons plus Bonne journée
Quand on voit le nombre de fripouilles patentées, d'incapables et de courtisans qui se pavanent avec la Légion d'Honneur on ne souhaite vraiment pas faire partie du lot. Chaque ministre a ses contingents de breloques pour "récompenser" la servilité. rares sont celles et ceux dont le mérite est ainsi salué. Et je possède un dossier croustillant sur les soupçons pesant sur la Maison de la Légion d'Honneur elle-même, dont les critères de moralité semblent être sélectifs.
J'ai été conseiller Prudhomme, pendant douze ans et Président général du conseil, pas mal d'années.
Un jour j'ai cru entendre qu'on allait me proposer le mérite social. J'ai refusé.
De nos jours les décorations sont déversées à la pelle, alors non merci !
J'ai vraiment beaucoup aimé et la chronique de Sabine Torrès et l'article de Jérémie Lorand et le commentaire de Spartacus par contre Soleil Vert en citant un exemple connu et intéressant, au milieu de tant d'autres, montre une animosité bien mal placée au regard de la probité dont il fait état, c'est bien dommage.
Je suis plié de rire devant ce pied de nez le jour de la remise de la Légion d'Honneur à J-Louis Cabrespines, cependant si Benoît Hamon est effectivement là, je parie qu'il sera assailli de questions sur l'entreprise Spanghero et non sur ce"moyen pour les politiques de s'assurer d'une clientèle et de l'entretenir" !
Pour avoir refuser deux décorations ( hors la légion d'honneur ) j'adhère assez facilement à la phrase de Marcel Aymé et à la position de Georges Brassens. Néanmoins, pour avoir proposé, dans le cadre de mes fonctions, de nombreuse décorations après étude des dossiers, je puis témoigner qu'en dehors des décorations de complaisance et clientèlistes, il existe des personnes de qualité qui ont eu des décorations importantes et qui les méritaient( dont Claude Darciaux ). Reste que ce sera toujours pour moi un hochet et qu'une action menée dans le cadre de valeurs humanistes suffit à combler de plaisir celui ( ou celle ) qui l'accomplit sans rien devoir à quiconque et en restant un Homme libre. j'avoue que voir un impétrant refuser une décoration me réconcilie avec le genre humain.
Pluie de médailes, c'est l'armée mexicaine ou soviétique.
Saluons les refus, lors de la distribution effectuée en août 2012 par la ministre fantoche Cécile Duflot :
Anne Thébaud-Mony, qui très justement et très courageusement, a dénoncé un système qui fonctionne sur les dégats industriels privés pris en charge par la collectivité et le refus de toute prévention et de l'application du système pollueurs=payeurs. La probité de certaines personnes, dans de nombreux domaines (recherche, journalisme, santé, etc) console de la masse des soumis, chiens de garde et/ou mangeurs au ratelier.
http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Une-chercheuse-refuse-la-Legion-d-honneur-de-Cecile-Duflot-539936