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Qui d’Églantine, Favorite ou Féline gagnera le concours de la plus belle croupe ? Charnue, le teint blanc-crème, jolies boucles et museau rose, ces vaches ont de l'allure, reconnaissons-le... Nous avons voulu rencontrer l'une des dodues concurrentes bourguignonnes peu avant le grand jour, espérant qu'elle montera sur le podium du prestigieux Salon international de l'agriculture (SIA), jeudi 28 février 2013, à l'occasion du concours général agricole dans la catégorie charolaise.
Nous avions bien tenté de contacter Darkvador, mais ce beau mâle issu de l'Yonne (89) - dont le nom ne nous avait pas laissé indifférent - ne se présentera pas cette année Porte de Versailles, à Paris. C'est finalement Galaxie qui a accepté de se prêter au jeu du casting photo. Cette gracieuse génisse de 2 ans pesant près d'une tonne a été repérée très tôt par le couple Froidurot au coeur du troupeau qu'il élève dans les prairies de Jours-lès-Baigneux, en Côte-d'Or (21). Ils ont alors tout misé sur son avenir... de star.
Bienvenue à la ferme
Pour découvrir la beauté bovine, il faut arpenter les routes sinueuses et virevoltantes de la région de Châtillon-sur-Seine (21). Ensoleillée, elle nous amène jusqu'à Jours-lès-Baigneux, un cocon protégé de la folie citadine. Nous sommes arrivés dans le fief de la famille Froidurot, plusieurs générations travaillent depuis plus de cinquante ans sur des exploitations céréalières et bovines.
Plus de 200 vaches charolaises inscrites au livre généalogique des reproducteurs de race pure sont élevées, reproduites, croisées ici pour être revendues à des groupes bouchers, ou à d'autres éleveurs. Une petite partie est mise en "vente directe", moins chère qu'en boucherie auprès d'un petit réseau de consommateurs : "Ils viennent voir les bêtes ici, ils aiment savoir ce qu'ils mangent. Surtout après les scandales récents", se satisfait Pascale Froidurot, 46 ans, co-gérante avec son mari de l'entreprise familiale.Â
Très fière de voir sa bête sélectionnée au concours général agricole 2013 parmi 40 autres charolaises, l'éleveuse a bien conscience qu'à travers ce podium, elle joue aussi la réputation et la visibilité de son exploitation. "Il faut évoluer avec son temps, Nous nous déplaçons beaucoup pour donner aux gens de venir acheter chez nous, nous construisons un site internet pour donner envie aux éleveurs de venir nous voir."
Sous le feu des projecteurs
Les hanches larges, la "tête dans la race", l'harmonieuse Galaxie a tout d'une beauté capricieuse. Traitée avec égards durant deux années, elle est nettoyée consciencieusement chaque jour depuis l'automne. Son poil est également brossé à l'envers avant chaque concours. Et on dirait que ça lui plait. "Elle sait que quand elle monte dans le camion, c'est pour participer à un concours", raconte Pascale Froidurot. Sereine, la charolaise pose le sabot dans sa limousine, herd-book dans les valises - son pedigree.
Seule, elle pâture dehors pour un poil plus brillant. Pas question qu'une collègue ne lui mette un coup de corne jalouse. D'ailleurs, les autres sont restées à l'étable, elles allaiteront au chaud pendant que la douce Galaxie fera briller les yeux sous le feu des projecteurs.  Elle se dandinera lentement comme cela, mais au lieu d'une boue lourde et glissante, ce sera sur un aménagement plus citadin. Elle posera ses yeux de la même façon, à la fois curieuse et snob, sur ceux qui la dévisageront.Â
Paris, c'est une première pour Galaxie. Rustique, elle est habituée à un immense pré de mai à novembre. De l'herbe à perte de vue, une brume matinale révélant les teintes douces du paysage, et au milieu .. coule une rivière. Après une petite semaine citadine, Galaxie devrait rentrée fourbue, car en ville, il va falloir poser patiemment, quitte à sentir ses pattes lourdes. Pascale l'accompagnera, et si ensemble, elles gagnent un prix, la renommée rejaillirait sur l'exploitation familiale. Le jeu en vaut la chandelle.Â
Après le concours... le taureau !
Mais comment peut-on postuler, en tant que charolaise, à un concours national ? "Il faut déjà avoir fait au moins un premier prix dans l'année. Ensuite, on s'inscrit au concours général agricole, une commission nationale passe. Sur douze génisses, cette année, elle en a sélectionné cinq - Gambette de Saône-et-Loire (71), Geisha de la Creuse (23), Gamine de Côte-d'Or (21), Groseille de la Nièvre (58) et bien sûr, Galaxie (21).
Faut-il un bon réseau pour gagner ? "Normalement, non", répond catégoriquement Pascale Froidurot, c'est une question de bête. L'éleveuse, elle, n'avait pas eu de vache en concours depuis 1997. "C'est la chance d'avoir un animal qui sorte de l'ordinaire", et du travail bien sûr pour maintenir ses chances de gagner. Un éleveur du département devait par exemple présenter une mère et son veau, au dernier moment, le veau n'a pas survécu. Résultat, il n'ira pas à Paris cette année, car les consignes sont strictes.Â
Galaxie, elle, ne devrait pas faire carrière dans ces concours de beauté, où l'on note tant les beaux yeux que la qualité de la viande, sans pour autant mettre les "filles" en maillot. Une année de plus sur les podiums, et elle ne serait plus en mesure de vêler - donner naissance à un veau. A son retour de Paris, elle "sera mise au taureau" pour se faire féconder. Elle sera également mise à la diète - oui, elle est un peu grasse - sans quoi, il lui serait difficile d'être fécondée.
Choyée depuis son enfance, Galaxie, l'enfant gâtée de Jours-lès-Baigneux devrait à nouveau rentrer dans le rang.Â
4 commentaires
Derniers commentaires
Il est vrai qu'un peu de légèreté dans toute cette "grisaille" nous fait du bien......
Je ne suis pas intéressé , je suis végétarien.
Les bovins occupent beaucoup trop de place sur la planète !
léger, sympa et drôle cet article, ainsi que l'édito !
(je n'ai pas envie de chercher des poux dans la tête aujourd'hui !)
La vache à lait qui a le beau nom de" cadres et fonctionnaires" est celle qui reçoit le plus de visites, reçevant des" gestes affectifs donnés avec le bras" et où l'on espère qu'elle procurera beaucoups de petits veaux...du reste c'est là où maintenant on emmène les enfants à titre pédagogique...et ce depuis quelques décennies !!!Bonne journée